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AS YOU LIKE IT

 

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de

WILLIAM SHAKESPEARE

dans une traduction de Jules Supervielle

 

Mise en scène

 

MARC FRANÇOIS

 

Dramaturgie

ANNE CORNU

Chorégraphie

CATHERINE CONTOUR

Musique

DANIEL TOSI

Décor

JACQUES DUBUS

Lumière

DIDIER GIRARD

Costumes

LAURENT LAMOUREUX

Création Maquillages & Masques

CHANTAL BRICAULT

avec

PASCAL ANDRÈS

FRÉDÉRIC BARGEON-BRIET

DIDIER BIENAIMÉ

CHRISTIAN CARO

NOËL CASALE

ÉRIC CHAMPIGHY

JEAN DAVY

JEAN MICHEL DELIERS

BERNARD DORT

PHILIPPE GAULÉ

MARlE-ANNE KERGOËT

DAVID LEWIS

FRANCISCO OROZCO

ALAlN RlGOUT

VINCENT  ROUCHE

OLIVIER ROUSTAN

BRUNO SERMONNE

GÉRARD WATKINS

DENIS ZAlDMAN

 

Création : le 8 octobre 1991 au Théâtre de Genevilliers.

Théâtre Garonne/Toulouse, Le Volcan/Le Havre.

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 L'HUMANITÉ

Du partage égal

Faut-il accorder une prime de risque au metteur en scène qui s'aventure à mettre en scène Shakes­peare ! Non. La chose est trop fréquente pour qu'on en tire gloire d’emb1ée. On pourra, en revanche, louer son art et sa manière, qui font la différence. Ainsi Marc François affrontant  « As you like it » (Comme il vous plaira) en tire tout le parti qu'on en peut aujourd'hui  escompter, depuis la parabole politique sur le pouvoir, jusqu'à la peinture des égarements du cœur et de l'esprit, d'autant plus troublante et complexe que les filles sont jouées comme sur la scène élisabéthaine, par des garçons travestis.

Quant à la résultante esthétique, elle est la conjonction de sources diverses : costumes (Laurent Lamoureux) inspirés de la Renaissance et mâtinés de traces préraphaélites : musiques (Daniel Tosi) à la tonalité populaire joliment archaïque - avec tympanon, chalumeau, cornemuse, vielle à roue - et pardessus tout utilisation à plein des aptitudes usinières d'un théâtre moderne avec glissières, projecteurs voyageant seuls comme par magie et filins tombant des cintres, mus par l'électronique. Du coup, la fable d'hier, en ses couleurs ravivées, se remet à nous parler fort, effectuant un détour par aujourd'hui, et les scènes d'exil dans la forêt où inventer une société plus juste quand l'homme mourant de faim trouverait table ouverte, font entendre un désir entêtant de société meilleure. Un parfum d'utopie humaniste en somme. Idem pour le discours amoureux, dont chaque écart est suivi à la lettre dans ses conséquences sur les corps en jeu, affectés par l'incessant double langage de la féminité feinte.

L'interprétation est marquée par une qualité d'humour distrait, tempéré à point nommé par une espèce de gravité enchantée, car s'i1 n'y a pas ici de fées comme dans le Songe d’une nuit d'été, nous sommes, pour sûr, dans l'ordre d’une étrangeté à la fois sylvestre et champêtre, qui convoque des puissances pas très catholiques, ni même gallicanes.

On aime que cela soit servi sur un ton mi-figue mi-raisin, qui amène sur le visage du spectateur un fin sourire de connivence et a d’autres moments exige une attention soutenue, car le texte français de Jules Supervielle, d’un poète donc, d'allure libre et capricieuse, exige une écoute attentive a ses trouvailles langagière. Gérard Watkins (Rosalinde) décline magnifiquement la féminité enclavée dans une enveloppe virile ; tandis que Didier Bienaimé  dans le rôle d’Orlando traite avec un chaste relief la mâle dignité d'un cœur pur. Tous sont valeureux d'ailleurs, chacun à sa place dans le grand tout qu'est 1a pièce et ce n'est pas un mince plaisir que de voir Bernard Dort notre bon maître s'avancer avec un fond de timidité dans le rôle du duc en exil. Ce n'est pas le moindre mérite de cette réalisation que de donner à éprouver un sens de l'amitié et du partage égal, du paisible bonheur d'être là, ensemble, dans une petite communauté dont le théâtre, en ses meilleurs soirs, reste le médiateur exclusif.

Jean-Pierre léonardini

 LIBÉRATION

Homme ou Homme, comme il vous plaira

Quid si de nos jours, comme du temps de Shakespeare, on joue As You Like it avec une distribution exclusivement masculine ? C’est 1e postulat, quasi archéologique du metteur en scène, Marc François. Il a les limites de ce genre de tentatives : le rapport du public aux hommes travestis sur une scène n'était pas le même au début du XVII° siècle qu’aujourd’hui, même si Shakespeare, devait bien s’amuser à pervertir la convention.

Dans la mise en scène de Marc François, le parti pris jette sûrement une étrange lumière sur le personnage de Rosalinde, homme déguisé en femme déguisée en homme. L’on pourra y voir une négation absolue - la femme réduite à l'état de convention entre deux hommes -, ou au contraire une omniprésence impossible d'être homme sans être femme.

Donc, sur le plateau de Gennevilliers, cela manque de femmes. Mais pas d’idées ni de beaux moments, avec - là aussi, dans un souci quasi archéologique - la présence d'instruments anciens, et de chansons, un mélange d'austérité et de baroque qui ne manque pas de charme.

René Solis

 LE JOURNAL DE TOULOUSE

Pourquoi ne pas se laisser ensorceler ?

Moments rares, instants en suspens, fulgurance de l'éphémère, tout respire l'harmonie. Quand Marc François met en scène Shakespeare, c'est pour recréer un univers, faire rentrer le public dans son monde et non sortir le théâtre de son habitacle. Comment mieux parler des in­dividus, de l'amour, de la civilisation, qu'en faisant pénétrer le spectateur dans ce que pourrait être l'harmonie retrou­vée, le « devoir-être » ou la forêt intem­porelle. Le mal de la société, le mal de l'homme est dans la simulation d'une gaieté grimaçante : sportons-nous bien, bouffons de la vitamine, markettons po­sitif; et ce sera le bonheur ? Non, tous ces efforts dissimulent mal une plaie béante, une mutilation. Marc François a choisi le théâtre (ou n'est-ce pas l'inverse ?), pour réconcilier l'homme avec sa nature, avec la nature. Acte politique ? Oui, par­ce qu'il a encore la candeur de vouloir changer le monde pour le bien de la cité, du moins tente-t-il de nous en donner un aperçu.[…]

Il serait trop long de citer tous les comédiens et leur qualité (ils sont dix-sept sur scène), qui plus est quand on sait qu'ils viennent d'horizons très différents et pas forcément du théâtre, ce qui a l'avantage de rendre la pièce plus humaine. L'accompagnement musical se fait en direct avec des musiciens qui ont dû jouer autant de leur instrument que du texte. La musique est tantôt renais­sance, baroque, tantôt intemporelle, fai­sant basculer de l'influence Purcell à Mickael Nyman. Le tout est ficelé dans l'harmonie qui ne peut se déterminer que sur une fête païenne. Comme il vous plaira de l'entendre, de le voir, et d'y goûter.

 

 RÉFORME

L’étonnante mise en scène de Marc François, prend une ampleur visionnaire en éclairant de façon blafarde une pièce pour le moins ambiguë : comédie légère nimbée de mélancolie, badinage précieux lesté de désespoir. En choisissant d'accentuer la dimension perverse d'une pièce qui a réintroduit le thème de l’androgyne dans la littérature anglaise, Marc François a dévoilé un univers trouble, décrépit, décadent, aux sonorités dissonantes.

Les colonnes rouillées exhibent par une déchirure leur infrastructure métallique, la mince surface blanche du sol se déchire et macule, la douce musique est trahie par des grincements, le thème de la séduction ne séduit plus le spectateur jusqu'à l'oubli mais l'inquiète, le trouble (effet majeur de cet anti-spectacle), enfin le jeu des acteurs est suffisamment décalé pour que l’heureuse identification soit perturbée. La machinerie de la séduction est démontée : perversion, stratagème mortifère, désespoir larvé. Mais cette analyse subversive revêt à son tour un charme maléfique, hiératique, celui des peintres symbolistes. Les personnages de Jacques le mélancolique et de Touchstone le fou autorisent cette grave lecture d'une pièce faussement légère.

Adorno montrait que le contenu de vérité des oeuvres d'art, notamment du passé, est masqué par le vernis des fausses interprétations, sédimentées au cours des siècles. Marc François a cherché derrière cette couche idéologique une charge critique. Il est admirable qu'un déchiffrage aussi lucide ait pu être empreint d'une aussi troublante poésie.

Pierre David

 LA CROIX

La confusion des sens

De la séquence du repas (avec notamment Bernard Dort, ex-directeur du théâtre au ministère de la culture métamorphosé en Duc sage) à la tirade des sept âges de l'homme ou au ballet des couples quand tout se finit, Marc François sait créer des instants de théâtre fort dans la densité des images et la violence des émotions.

Didier Méreuze

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