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CHALÉMIE

 

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Chalémie soprano

Günter Korber

 

Escoutez la trompette et le joyeulx clairon

Anonyme (XVIe s.)

 

Prise de son et montage : Franck Jaffrès

Vite perdite me legi

CB 31 (XIIe s.)

 

Prise de son : Pierre Vérany  -   Montage : Jean-François Pontefract

Jean Michel Deliers : chalémie

Jean-Jacques Herbin : sacqueboute

Francisco Orozco : percussion

Denis Zaidman : Chalémie

Jean Michel Deliers : chalémie

Françoise Enock : percussion

Francisco Orozco : percussion

Denis Zaidman : Chalémie

les extraits proposés ici sont des versions courtes de démonstration montées à partir des CD de la page discographie

 

Il est surprenant de constater à quel point les instruments médiévaux sont différents de leurs descendants. La chalémie, qui vient du mot latin « calamus », qui signifie roseau, est l’ancêtre du hautbois d'orchestre d’aujourd'hui. De tous les instruments médiévaux, la chalémie est le plus « sauvage » et le plus sonore. A en juger par ses cousins actuels du Maroc ou de Chine, la chalémie avait un son clinquant et perçant destiné au plein air. Il est toujours utilisé dans la musique populaire, avec d'autres instruments de plein air comme les trompettes et les tambours ; c'était aussi le cas au Moyen Age.

C'est une chance qu'il y ait tant de survivances populaires de la chalémie, car elles nous apportent beaucoup dans la connaissance de l'histoire de l'instrument. Des ensembles de chalémies, de trompettes et de tambours formaient le groupe musical typique des Sarrasins à l'époque des croisades. Le bruit produit par ces instruments devait être fracassant, particulièrement aux oreilles des premiers croisés qui n'avaient jamais entendu de tels instruments. Le chalumeau est probablement une invention mahométane et son développement à Bagdad passe pour dater du califat d'Harun Al Rashid (763-809).

Ce qui est certain, c'est que venant de l'Est, la chalémie envahit l'Europe ; résultat des croisades, du commerce par Constantinople et de l'occupation Mauresque de l'Espagne. Les traits essentiels de la chalémie sont sa perce conique, son anche double, et un pavillon largement évasé.

Les plus anciennes formes de la chalémie médiévale ressemblaient probablement beaucoup à leurs équivalents orientaux. A partir du Xll° siècle, elle commence à apparaître régulièrement sur les illustrations et les sculptures et nous croyons pouvoir affirmer qu'elle continue à remplir les mêmes fonctions qu'en Orient : elle joue un rôle déterminant dans la musique militaire et de cérémonie, dans les processions et la musique de danse.

Des formes plus grandes apparaissent, et au XV° siècle, la chalémie prend un nom différent : la bombarde, du latin « bombus » qui signifie bourdonnement ou grésillement. Le nom vient apparemment de celui d'une pièce d'artillerie et il apparaît pour la première fois dans le sens d'un instrument de musique en 1342.

Bien que les opinions divergent sur la participation ou non de la chalémie à la musique polyphonique, des renseignements aussi bien littéraires qu'iconographiques, suggèrent avec insistance une utilisation vaste et variée de cet instrument. On remarque avec intérêt que les chalémies ont certainement dû être utilisés à l'occasion dans les églises pour doubler les voix du chœur.

 

David Munrow

Instruments de musique du Moyen Age et de la Renaissance

 

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